La Condition des Femmes en Inde

Le fait qu’en 1966, Indira Gandhi fut une des premières femmes élues Premier Ministre, que l’Industrie Cinématographique (Bollywood) qui fleurit avec 1000 films par an, et qu’aujourd’hui l’Inde serait l’économie qui s’accroitrait le plus rapidement, pourrait nous amener à penser qu’elle est un pays moderne, mais dans beaucoup de domaines, l’Inde reste un pays arriéré.

L’un d’entre eux est la condition des Femmes. Le rôle de la Femme est d’être à la maison, à préparer les repas pour la famille, à nettoyer la maison, et plus tard prendre soin des enfants. Son statut se définit par leurs relations familiales : sœur, mère etc… Traditionnellement, elle va être guidée tout au long de sa vie, d’abord par son père puis ensuite par son mari, qui va lui être choisi, la plupart du temps par ses parents.

Pour cette raison, la Société Indienne, qui est une société masculine, ne considère pas nécessaire que les Femmes soient instruites, et n’envoient pas leurs Filles autant à l’école, que leurs Garçons.

Par conséquence, en 2011, le taux d’alphabétisation était, dans tout le pays, de 74% (comparé au taux mondial de 84%), parmi lesquels 82.14% étaient des Hommes et 65.46% des Femmes.

Les Femmes sont supposées être incapables d’apprendre.

Pour cela, quand j’ai commencé sur le projet à Katputali Nagar (bidonvilles de Jaipur), Subhadra de IDEX m’a demandé de porter plus d’attention aux Filles. Le fait que ce soit une Femme (moi) qui leur enseigne leur donnait espoir dans leur avenir : je savais des choses, pouvais leur transmettre mon savoir, et elles pouvaient s’identifier à moi, une Fille qui avait reçu une Education. Elles avaient une preuve devant elles que cela pouvait arriver. Au moins quelque part dans ce Monde.

Je l’avais compris dès le premier jour où je travaillais là, et c’était impressionnant de penser à tout l’espoir qu’elles mettaient en moi. Et la façon dont elles me regardaient, avec cette sorte d’admiration, me le rappelait chaque jour qui passait.

La triste réalité de ces Femmes, est que le meurtre de bébés filles se produit toujours dans leur pays, des parents qui marient leur fille ont toujours besoin d’apporter de l’argent ou une propriété à la famille du futur mari, que l’on désigne plus communément par la « dot ». Ensuite, elle quitte la maison de ses parents pour s’installer avec la famille de son mari (pour parfois ne jamais revoir la sienne).

Parfois, lorsque la dot n’est pas satisfaisante aux yeux de la belle-famille, la fille peut être tuée par la famille de son mari : généralement, ils jettent du kérosène sur elle et l’enflamme. Les Indiens se réfèrent à cet évènement tragique comme « l’accident de la cuisine », car la version officielle racontée aux parents de la pauvre fille dit qu’elle s’est tuée en cuisinant… En 2008, lorsque j’étais là-bas, on recensait quelques 4000 cas (mais je peux bien imaginer que ce ne soient que les « chiffres officiels »…)

La violence domestique est très courante non seulement en Inde mais aussi au Pakistan et au Bangladesh.

Une chanson de Asian Dub Foundation et Sinéad O’Connor nommée « A thousand mirrors » (1000 miroirs) dénonce la violence domestique, et se rapporte plus spécifiquement à l’histoire d’une femme analphabète Pakistanaise, Tsoora Shah, qui a subi des violences, non seulement par son mari mais aussi par plusieurs hommes de sa communauté, et a fini par le tuer avec de l’arsenic.

Les statistiques Indiennes montrent que lors de mon séjour là-bas, 195,856 cas de Violence Domestique étaient répertoriés. Contre  244,270 en 2012.

Parmi ces Violences: Jeunes épouses brulées (“accident de la cuisine”), meurtres de l’Honneur  (un membre de la famille a déshonoré la famille ou la communauté), les « taquineries du soir » …qui plus réellement sont du harcèlement sexuel ou des viols, lancer de l’acide aux visages des femmes, obligation d’avortement, mutilations…et de nombreuses autres manières.

Il semble que nous n’avons pas fini d’éradiquer ce problème : 65% des hommes Indiens pensent que les Femmes devraient tolérer la violence de façon à conserver une famille unie, et que les Femmes ont parfois besoin d’être battues. 24% des Hommes Indiens ont déjà commis des actes sexuels violents à un moment de leurs vies.

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