Sam: Salim & Monsieur Rocket

En route pour une petite ville à 42 km de Jaisalmer qui s’appelle Sam, sur la route qui mène dscn2430.jpgà la frontière Pakistanaise. Elle est à seulement 120 km. Je me dis pendant un instant que je pourrais aller dans un autre pays, sans passport… un pied en Inde, l’autre au Pakistan… Il n’y a rien à voir à Sam, je vais là-bas pour faire une promenade en chameau dans le désert du Thar.

Mon chameau est là et m’attend, il s’appelle Mister Rocket et son chamelier, Salim, a 18 ans, a 4 frères et 2 soeurs, et a passé toute sa vie à Sam. L’ambiance est paisible, le désert s’étend sur des kilomètres autour de moi. Il y a des arbres qui apparemment n’ont pas besoin de l’eau du ciel pour grandir et vivre, parce que leurs racines s’enfoncent très profondément dans le sol, et ils prennent l’eau dans la terre.

Salim et moi commençons à parler et il me dit qu’il n’est jamais allé à l’école parce qu’à Sam il n’y a pas d’école, et que l’école la plus proche est à Jaisalmer et que malheureusement c’est trop loin pour lui. Il a donc toujours emmené des touristes sur son chameau. Le peu d’Anglais qu’il a, il l’a appris avec les touristes mais il dit que son niveau n’est toujours pas bon. Mais il espère que d’ici ses 20 ans, il l’aura amélioré, comme s’il avait été à l’école. Quand il m’a dit cela, il y avait plein des étoiles dans ses yeux et ça m’est allé droit au coeur. Le rêve d’un enfant Indien, réaliste et qui vous brise le coeur. Il avait l’air bien conscient que l’Anglais dans son pays est une clef du succès, et que cela pourrait l’aider à trouver un autre travail, s’il le désirait.

Cependant il a l’air heureux dans son environnement, et l’amour qu’il porte à son chameau crève les yeux. Le chameau a 6 ans et ils ne passent pas une seule journée l’un sans l’autre. Mr Rocket est son meilleur ami je présume… celui qui entend toutes ses pensées, ses rêves, ses plaintes concernant la vie. Malgré le fait que je pense que les Indiens ont une manière fascinante d’être heureux avec ce qu’ils ont, de ne jamais se plaindre de rien. En public du moins, peut-être qu’ils se plaignent au Temple, à leurs Dieux…

Mais quoi qu’il en soit, c’est chouette d’avoir des personnes comme cela dans son entourage, et nous, Européens, avons une tendance à nous plaindre trop souvent: le bus est en retard, il y a trop de gens, pas de place pour s’assoir, trop de travail, pas assez de temps libre pour profiter de sa famille et ses amis….etc. Pour moi les Indiens sont un exemple dans ce domaine.

Au début de la balade, il y avait des gens qui essayaient de vendre des boissons et souvenirs, un est venu durant quelques mètres avec nous. Une fois sur les dunes pour voir le coucher de soleil, il était de retour, et j’ai pu entendre qu’il avait un accent Américain.

Salim m’a plus tard expliqué que ce garcon (Vicky) avait été à l’école Americaine et je pouvais déduire de son ton déçu “lui au moins, il a pu aller à l’école, une école américaine en plus” ce qui m’a fendu le coeur. Donc j’ai dit à Vicky de partir, que je n’étais vraiment pas intéréssée par des boissons, et qu’il devrait essayer le groupe de français là-bas au loin.

J’ai trouvé si triste toutes ces bouteilles en plastique et en verre jetées partout sur le sable et je l’ai dit à Salim. Il m’a repondu que les touristes Indiens étaient responsables, pas les étrangers. Je ne sais pas si je dois le croire…

Maintenant que je pouvais passer du temps avec Salim et Mr Rocket, je lui ai montré les photos que j’ai pris de lui et son chameau pendant la première partie de la balade. Il était si content de se voir sur l’appareil photo! Il a regardé mes autres photos et demandé si j’avais aimé mes autres visites. On a profité du coucher de soleil ensemble, en discutant au milieu de ce paysage lunaire.

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Sur le chemin du retour, il m’a proposé de faire courir le chameau un petit peu…ça pouvait êre rigolo, et je lui faisais confiance. Et hop on était partis! Un chameau a l’air si calme qu’on ne peut pas imaginer que ça peut courir!

Une fois la promenade terminée, j’ai demandé à Jabbar, mon guide, de prendre note de l’adresse de Salim car je voulais lui imprimer les photos que j’avais prises de lui pour les lui envoyer une fois rentrée en Europe, je voulais faire cela pour lui. L’histoire de ce garçon m’avait tellement émue. En rentrant à Jaisalmer, je n’ai fait que penser à lui et avant de m’endormir aussi. C’est le genre de personne, que même si vous passez seulement une heure ou deux avec, vous savez que vous ne les oublierez jamais…

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