Mon périple à travers l’apprentissage de l’Hindi

D’abord, je voudrais dire que cela m’irrite lors que les gens me disent que j’apprends “l’Hindu”. Une fois pour toutes les gens, Hindi est la langue et Hindu est une personne qui suit l’Hindouisme, la religion.

A mon avis, apprendre une langue étrangère ouvre des portes pour découvrir un pays et ses habitants. Ces derniers peuvent changer d’attitude envers vous si vous avez au moins quelques mots. Le message derrière cela est “je fais un pas vers vous et votre culture”, ce qui ne peut pas vraiment être mal pris.

Il se trouve qu’il y a quelques années, une passion pour l’Inde m’est tombée dessus (et c’est ce qui m’a conduit à cette opportunité de bénévolat que décrit ce blog). J’ai commencé à aller voir des films Hindi au cinéma ici en Irlande. Quand je pouvais faire le lien entre un mot et sa traduction je prenais note sur le memo sur mon téléphone. Le premier mot que j’ai appris toute seule est “zindagi” (la vie), une coincidence que je trouve assez jolie.

Puis j’ai réalisé que je ne pouvais pas comprendre une phrase entière sans avoir la grammaire. Alors j’ai commencé à prendre des cours ici à Dublin avec l’Institut de Sandford, pensant que je voulais juste avoir une notion de la langue, comme ça pour le plaisir, et que je n’allais jamais l’utiliser. Mais j’en suis vite devenue accro.

Quelques mois plus tard, je quittais mon travail pour partir pour une expérience de toute une vie en Inde. Mes connaissances de l’Hindi sont devenues bien pratiques lorsque j’enseignais. Je sentais que je venais rencontrer mes petits élèves à mi-chemin dans leur propre apprentissage de la langue (anglaise). Je devais leur enseigner les couleurs, et je pouvais leur dire que ce mot inconnu d’eux “green” veut dire “hari” dans leur propre langue que “white” signifie “safed” et que “orange” est l’équivalent de “narangi” – et voilà vous pouvez décrire le drapeau Indien…ou Irlandais 🙂

Après cela, je travaillais à Genève, Suisse, et les RH ont décidé de donner accès gratuitement aux employés à Rosetta Stone – programme d’apprentissage en ligne. La plupart de mes collègues qui avaient demandé accès étaient des exapatriés qui voulaient apprendre le français, pour pouvoir mieux sociabiliser en dehors du travail car Genève est dans la partie francophone de la Suisse. Moi j’ai pris Hindi (je suis française, je parle déjà français 🙂 ). Et de ce que je sais je suis la seule à avoir terminé le programme.

Rosetta Stone utilise la méthode d’immersion. Comme nous le savons tous, le meilleur moyen d’apprendre une langue est de vivre dans le pays. Mais quand cela n’est pas possible, Rosetta Stone, selon moi, est ce qui s’en rapproche le plus.

Il n’a aucune traduction à aucun moment. Seulement des photos et une personne dont c’est la langue maternelle qui la décrit. C’est à vous de deviner ce que cela veut dire. Etonnamment le cerveau fait ça très bien. J’en suis encore épatée.

Par exemple vous avez une photo qui montre un homme qui court, la suivante, une femme qui court, vous allez automatiquement isoler le mot qui ne change pas “court” qui est le dénominateur commun entre les deux photos, et comprendre quel est le mot pour homme et pour femme par déduction. C’est très intuitif.

Certaines parties des leçons vous demanderont de pratiquer et parler. La technologie de reconnaissance vocale évalue à quel point vous vous rapprochez de la prononciation d’un autochtone. Vous ne pouvez pas avancer tant que la prononciation n’est pas correcte. Vous pouvez faire un replay autant de fois que vous voulez.

Ensuite le super truc que vous pouvez faire (et je n’en ai pas assez fait) c’est de réserver une session avec un autochtone – professeur, par webcam – d’une façon ou d’une autre ils voient ce que vous avez étudié et où vous en êtes et vous posent des questions relatives à ces chapitres. Dépendant du nombre d’autres étudiants en ligne pendant la classe, le ou la prof va accorder du temps à chaque élève pour la pratique pendant l’heure.

Et pour finir, si vous n’êtes pas d’humeur à étudier, mais voulez quand même pratiquer un peu, il y a des jeux (dans la langue évidemment). Dans cette section, il y a des histoires pour tester la compréhension. Comme l’Hindi a un script différent, que l’on appelle Devnagari, on peut choisir si on veut juste écouter l’histoire, ou essayer de lire soi-même en premier lieu puis écouter pour vérifier.

Quand vous terminez Rosetta Stone il parait que le niveau atteint est B2. Donc c’est mon niveau actuel en Hindi pour le moment.

Comme j’ai dit, l’Hindi utilise l’aphabet Devnagari et c’était un casse-tête d’étudier la grammaire/vocabulaire et par dessus tout le script, et j’avoue que sur Rosetta Stone j’avais laissé cela de côté. Je le voyais comme une montagne d’attaquer ce gros morceau toute seule.

Et en 2013, je suis retournée voir ma famille d’accueil et amis, et j’ai consacré 1 semaine à voyager et 1 semaine pour des cours d’Hindi à Jaipur avec mon amie Subhadra ainsi que Cuisine Indienne.

L’école qu’elle a créée est celle-ci: http://hindilearning.co.in/

Et je me suis concentrée une semaine sur l’apprentissage du Devnagari, comment lire et écrire. Elle a fait des miracles dans un espace de temps limité, même si je n’ai pas approfondi les “matras”. Je sentais que des secrets m’étaient révélés et qu’on me laissait entrer dans un espace très coloré! Et j’avais rattrapé mon retard sur Rosetta Stone.

Quand je suis rentrée j’ai essayé de lire le “patrika” (journal) et ai lu un petit article. Je pouvais comprendre presque la totalité – c’est cela que je veux dire quand je dis que l’apprentissage d’une langue est si gratifiante! Et cela devient encore plus addictif. Maintenant j’essaie de lire régulièrement pour ne pas oublier ce que j’ai appris.

Donc de vouloir apprendre seulement quelques mots, je peux maintenant comprendre jusqu’à une phrase complète (quand je regarde un film Bollywood par exemple), lire et écrire avec un alphabet différent et mon dernier achat consistait en un dictionnaire Hindi – Anglais en Devenagari script.

Quand je regarde en arrière, je me sens bizarre mais la chose principale c’est que je fais quelque chose que j’aime, juste pour moi, pour personne d’autre et sans objectif particulier. Et pour être honnête, quand j’ai passé des moments difficiles au travail, c’était cela qui me faisait me lever le matin – je savais que ma pause déjeuner serait passée sur Rosetta Stone à étudier l’Hindi.

Mercredi dernier, j’ai terminé la seule classe disponible en ce moment à Dublin, avec Isha pour une classe pour débutants de nouveau mais ça rafraichît les connaissances, et elle nous a autant enseigné sur la Culture que la Langue en elle-même, c’était un peu comme une immersion, et elle a partagé avec nous des histoires personnelles, ce qui rend le pays encore plus présent dans nos esprits. Du coup je suis impatiente de commencer le niveau suivant avec elle! Prendre des cours aide à la consistance dans l’apprentissage. Autrement c’est facile de dire qu’on n’a pas le temps…

Main hindi sikh rahi hoon aur mujhe Hindi bahut pasand hai (I am learning Hindi and I love it)

Ressources:

Sandford Institute – Dublin – Ireland

http://www.sandfordlanguages.ie/

“Teach yourself Hindi” by Mohini Rao – bought in Jaipur, India

Rosetta Stone – Entrerprise

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Step by step Hindi Learning – Subhadra Kothari – Volume 1 & 2

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Oxford dictionary Hindi – English

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J’attends impatiemment le cours Duo Lingo – Hindi qui est sensé apparaître bientôt…

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Le Choc Culturel, un processus d’apprentissage en soi

L’Inde et le Japon pour moi sont les 2 extrêmes en termes de Culture. J’étais bien consciente qu’il y aurait une transition avant que je m’adapte à mon nouvel environnement. On appelle cette transition « Choc Culturel ».

Heureusement, l’organisation Irlandaise qui m’envoyait en Inde (EIL, Experiment in International Living) ont un fabuleux manuel de pré-départ avec des exercices pour vous faire réfléchir aux problèmes auxquels vous pourriez faire face une fois à l’étranger et comment vous réagiriez à ces situations, ainsi que quelques conseils sur que faire, et ne pas faire.

Le Choc Culturel peut se décrire par un stress, ou de l’anxiété causé par un nouvel environnement. Bien évidemment, c’est une expérience très personnelle mais la plupart du temps, les mêmes sentiments reviennent : la solitude, le mal du pays, le mal être, irritabilité, se sentir dépassé par les évènements. L’image du poisson hors de l’eau est souvent utilisée pour illustrer le « choc culturel » ce que je pense assez approprié.

Capture

Et notre façon de réagir à ce choc est un processus d’apprentissage et d’adaptation à ce nouvel environnement.

On note habituellement 3 phases principales au « Choc Culturel », et on l’appelle la «  Courbe en U » :

  • La lune de miel: excitation d’une nouvelle expérience…
  • Choc Culturel: le stress de situations qui ne nous sont pas familières, nouveaux codes de communication…
  • Ajustement Culturel : bénéficier de l’immersion dans une culture nouvelle, et grandir de cette expérience…

Une des choses qui m’ont affectées en Inde est le manque de sommeil dû à l’humidité et la chaleur la nuit… Je m’endormais finalement lorsqu’il était temps pour moi de se lever pour aller enseigner dans les bidonvilles… Mais juste de penser que la journée qui m’attendait allait m’enseigner quelque chose de nouveau, un nouveau mot, une nouvelle tradition, un fait culturel,  rencontrer de nouvelles personnes…m’a beaucoup aidée et m’a donné l’énergie de continuer.

Chaque jour je me souvenais pourquoi j’étais là, ma passion initiale pour l’Inde, et finalement j’avais réussi à rendre possible ce rêve que j’avais, alors je devais profiter de chaque minute de mon expérience à l’étranger !

J’étais entourée de gens merveilleux aussi qui m’aidaient et me donnaient les clefs pour accéder à leur culture, toujours heureux de partager des choses avec moi, et me faisaient comprendre comment les choses fonctionnaient, comment les Indiens pensaient…ce qui a rendu mon expérience encore meilleure. Je serai éternellement reconnaissante à ces personnes (vous savez qui vous êtes 😉 ). J’ai tellement appris pendant mon séjour là-bas et en suis venue à voir le monde avec leurs yeux également. Il y a des choses que je ne cautionne pas forcément mais je peux comprendre d’où elles viennent, et parfois elles sont plus compliquées qu’elles en ont l’air, pour des yeux occidentaux. Une telle expérience vous enseigne à voir le Monde d’un autre œil, élargir votre perspective.

Et puis évidemment, il y a le retour à la maison, qui peut être aussi une expérience très difficile. On l’appelle la « Courbe en W » (le processus décrit ci-dessus + retour).

Des évènements ont eu lieu à la maison, que l’on a pas forcément vécu complètement avec la famille/amis, des changements ont eu lieu…et il faut se réadapter à ces changements divers, et peu à peu se réajuster à notre vie antérieure. Cela peut prendre un peu de temps mais on ne peut pas négliger cette étape.

Quand je suis revenue de l’Inde, j’ai commencé un travail (une semaine seulement après avoir atterri à la maison) pour une société de pétrole à Genève, Suisse, où beaucoup d’argent est brassé, grandes soirées, deux jours travaillés à Chamonix avec un groupe de collègues à skier tous frais payés, un jacuzzi dans notre chalet… et j’ai trouvé difficile de passer des bidonvilles Indiens…à cela.

Une fois être passée par toutes les étapes nécessaires de cette expérience, on  a appris beaucoup sur l’environnement, les gens, et aussi….sur soi-même.

Cela reste un merveilleux souvenir et parfois je me demande, “etait-ce vraiment moi qui l’ai vécu?”…