Jaipur, la Ville Rose, qui fût une fois ma ville

Dernier tronçon sur la route avec Ram Narayan, mon chauffeur. D’une côté, je suis impatiente d’être à Jaipur car cela fait 5 ans que j’ai quitté cette ville, les larmes aux yeux, dans le coeur, et des douleurs dans le ventre…et je me demande comment je vais me sentir d’être à nouveau là-bas, après qu’elle m’ait tant manqué et si longtemps, je me demande si je vais la reconnaître ou pas, et d’un autre côté, quitter les gentilles personnes que j’ai croisé sur mon chemin n’est pas la meilleure partie des nouvelles rencontres… Ram Narayan est originaire de Jaipur, et quand on arrivera à notre destination, il va avoir 5 ou 6 jours de congé et il va les passer chez lui avec sa famille.

On s’arrête une dernière fois avant d’arriver pour prendre un chai (Thé Masala) ensemble. Je lui ai raconté mon histoire, alors il sait que c’est une importante partie du voyage pour moi. Dès que nous arrivons, il me dit: “Bienvenue à Jaipur!!!”. Cela vient d’un local et ça a d’autant plus de valeur!

Je m’installe dans la maison d’hôte où je vais rester 8 jours (la maison d’une amie d’une amie), et bon, maintenant je ne suis qu’à quelques kilomètres de la maison de ma famille Indienne, avec qui j’habitais il y a 5 ans. J’ai tant attendu ce moment…et maintenant je suis un peu stressée de comment cela va se passer. Je ne voudrais pas me mettre à pleurer ou même avoir les larmes aux yeux. Le contrôle de soi-même va être nécessaire! Mais il faut que j’aille maintenant, ils savent que j’arrive aujourd’hui à Jaipur et ils s’attendent à me voir arriver…et du fond de mon coeur, je veux les voir MAINTENANT!

Première chose, sauter dans un auto rickshaw en direction d’Apex Mall, dans le quartier de Lal Kothi. C’est seulement un trajet de 40 rupees (oui je ne saurais dire la distance…peut-être 2 km!). Juste le fait de donner ma destination au chauffeur de tuk-tuk, j’ai l’impression de lui dire “je rentre à la maison!”. Etre assise ici de nouveau est une sensation formidable, à filer entre les voitures et les motos, sentir la ville vibrer tout autour de soi, et pouvoir la toucher!

Apex Mall n’a pas changé du tout. Je commence à marcher comme d’habitude vers la maison, mais il y a eu tellement de maisons construites en 5 ans, que je me perds. Je demande à un habitant où est le numéro D31 et il me donne sa réponse en Hindi, mais croyez-le ou non, j’ai compris les indications! Woohoo!

Quand j’arrive finalement, au bout de la rue, il y a la boutique bleue (qui fait partie de la maison) où ils travaillent et la maison où j’ai vécu. Me revoilà, 5 ans plus tard. Je l’ai fait! Sudeep me voit dehors, me sourit et me fait signe d’entrer. Sushant, mon petit frère Indien, m’attend, et me sourit. Il a l’air de savoir qui je suis. Il avait seulement 5 ans et maintenant il en a 10, c’est la moitié de sa vie, alors je comprendrais s’il ne se souvenait pas de moi….Je le lui demande et il sourit en me disant que oui il se souvient de moi. Mon coeur chutte.

Il va dans une chambre derrière, appelle mon “Papaji” (Papa= Père, et Ji est une postposition qui reflète le respect, en Hindi), son grand-père (Dadaji – en Hindi, ils différencient les grand-parents maternels: Nana & Nani et les grand-parents paternels: Dada & Dadi)

Quand je vois mon Papaji apparaître derrière le rideau, je ne peux m’empêcher de m’écrier Papajiiiiiii!”, “Haan betiiii” fût sa réponse (“oui ma fille“) et il me prend dans ses bras, ce qui me m’émeut beaucoup car le contract physique entre un homme et une femme n’est pas commun en Inde, dans les lieux publics du moins. Cela me donne une indication du moment spécial que je suis en train de vivre.

J’ai toujours eu de ses nouvelles, toutes les semaines depuis que je l’ai quitté, pendant ces 5 ans, mais le revoir, là en face de moi, avec toute la sagesse que je vois en cet homme, et son coeur si pur. La maison est plus claire car ils ont repeint les murs en vert clair, enlevé le cyber café qu’ils avaient. Donc beaucoup plus de place, joli comme tout! Je m’assieds là, perdue entre le passé et le present. Suis-je en 2008 habitant ici et à travailler dans les bidonvilles, ou en 2013 en vacances, les visitant?

Il me demande comment était mon voyage depuis Mumbai, jusqu’ici: comment était le temps, qu’est ce que tu as vu, comment a été ton estomac avec la nourriture, comment je gère la chaleur, est ce que tu dors bien la nuit…toujours la même chose, en train de se soucier et de prendre soin de moi!

Je lui demande comment va la vie dans les alentours, et il me parle des membres de sa famille (certains je les ai rencontrés), des histoires de l’ONG pour laquelle je travaillais, des quelques bénévoles qui sont restés chez lui , des espagnols qui avaient dit qu’ils seraient de retour à 23h et à 2h du matin, ils  n’étaient toujours pas de retour alors que Papaji dormait dans le salon en les attendant pour leur ouvrir la porte, un Norvégien complètement fou qui avait été malade, après avoir insisté sur le fait qu’il devait à tout prix s’entraîner sur son skateboard devant la maison sinon il allait oublier *humour* et qui avait mis Sushant sur l’engin diabolique, une mère et sa fille qui sont parties après quelques jours seulement car le petit copain manquait trop à la fille, … tellement d’anecdotes sur les autres bénévoles.

Mais aussi de jolies histoires, toutes en provenance d’Irlande, une coincidence je ne suis pas sûre 🙂 … comme par exemple Sara Mc Murry, une femme Anglaise qui a épousé un Irlandais, et qui vit en Irlande, que j’ai eu la chance de rencontrer lors d’un network weekend organisé par EIL (l’organisation qui m’a envoyée en Inde), à Cork, Irlande en Novembre 2012, une femme adorable, qui était revenue plusieurs fois à Jaipur pour apprendre l’Hindi comme moi, ou Emer Jackson, une femme Irlandaise adorable  qui avait aussi logé chez Papaji, que j’ai également rencontrée au network weekend de EIL en Novembre 2011. J’avais fait des photos avec Sara et Emer pour envoyer à Papaji, il était tellement surpris que l’on se soit rencontrées, à des milliers de kilomètres de sa maison, en Irlande. Il m’a aussi parlé d’un gentil garçon Irlandais (évidemment!) qui s’appelle John, si je me souviens bien, qui travaille comme gardien dans une prison à Dublin. Je ne le connais pas, mais d’après ce que j’ai entendu dire de lui, je l’apprécie déjà!

Après un papotage assez long, ce pauvre Sudeep qui avait travaillé toute la journée à la boutique avec sa femme, m’a ramenée au B&B en moto, à travers les rues bruyantes de la Ville Rose, comme ils pensaient que je n’étais pas en sécurité  de prendre un rickshaw. J’ai insisté que tout irait bien, mais quand votre Papa Indien vous dit de faire quelque chose, …vous feriez mieux de vous exécuter, pas de négociations possibles. Et nous voilà partis, mes cheveux volaient partout sur mon visage, je faisais partie de ce fouilli sur une route Indienne, avec les locaux, appartenant une fois de plus au chaos Indien…je ne pouvais pas être plus heureuse!

 

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Jaipur, the Pink city, once my home

Last bit on the road, with Ram Narayan, my driver. On the one side, I can’t wait to be in Jaipur because it has been 5 years since I left the city, tears in my eyes, in my heart and pains in the belly…and wonder how I will feel being back there again, and having missed the place so much and for so long, if I will recognize it or not, and on the other side, leaving lovely persons found on my path is not the best part of meeting new people…

Ram Narayan is from Jaipur and once we reach our destination, he will have 5 or 6 days off and will spend this time with his family at home. We stop one last time before arriving, having a chai (Masala tea) together. I told him the background of the story and he knows this is an important part of the trip for me. As soon as we arrive, he says: “Welcome to Jaipur!!!”. It comes from a local and it is all the more valuable!

I settle in the guesthouse where I will be staying for those 8 days (friend of a friend’s house) and well, I am now a few miles only from my Indian Family’s home, who I was living with five years ago. I have waited for that moment for so long…and now I am a little stressed about how it will go. I wouldn’t want to start crying or even having tears in my eyes! Self control is needed! But anyway I have to go now, they know I arrive today in Jaipur and they will expect me to come…and from the bottom of my heart, I want to see them NOW!

First thing, jumping in an auto rickshaw direction Apex Mall in the Lal Kothi area. It is only a 40 rupee-journey (yeah I wouldn’t know the distance in km…maybe 2!). Just saying my destination to the tuk-tuk driver, I felt I was telling him “I am going home!”. Sitting in there again is a wonderful sensation, rushing between the cars and motorbikes, feeling the vibrant city all around you, that you can actually touch!

Apex mall has not changed at all. I start walking the usual way to my family’s home but there are so many houses that have been built in 5 years that I get lost. I ask a local where number D31 is and he gives me the answer me in Hindi but believe it or not, I understood the directions! Yeepee! Happy days! 🙂

When I finally get there, at the end of the street, there is the blue shop (part of the house) where they work and the house where I lived. I am there again, after 5 years. I made it! Sudeep sees me outside and smiles at me, making a sign that I should go inside. Sushant, my little Indian brother, is waiting for me, and smiles at me. He seems to know who I am. He was only 5 years old and now he’s 10, it’s half his life, I would understand if he didn’t remember me…I ask him, he smiles and says he does remember me. My heart drops.

He goes in the back room, calls my Papaji (Papa = Dad, Ji  = a postposition showing respect, in Hindi), his grand father (Dadaji – in Hindi they differenciate the grand parents from the mother’s side: Nana & Nani and the ones from the father’s side: Dada & Dadi). When I see my Papaji appearing behind the curtains, I can’t prevent myself and call “Papajiiiiiiii!”. “Haan betiii” (yes, my daughter) is his reply, and he takes me in his arms, which makes me feel emotional, as physical contact between a man and a woman is not that common in India, in public I mean. That tells me how special this moment is.

News from him, I have had, all the time, every week since I left him, during those 5 years, but seeing him again, in front of me, with all the wisedom I see in this man, and his pure heart. The house has more light then before because they have painted the walls in light green, and removed the cyber cafe part they used to have. So definitely more space, very nice! I sit, and there, I am lost between the past and present. Am I in 2008 living here and working in the slums, or in 2013 visiting and on holidays?

He asked about my trip beginning in Mumbai until I arrived here: how was the weather, what did you see, was your stomach okay with the food, do you bear the heat, do you sleep well at night…the same, still worrying and taking so much care of me as usual!

I ask how life is around here, what’s new and he tells about his relatives (some of them I have met), stories from the NGO I was working for, and a few volunteers staying with them, some spanish guys saying they would be back home at around 11pm and not there until 2am, when my Papaji is waiting, sleeping in the living room to open the door as soon as volunteers are back, some mad Norwegian sick with fever, making a mess to train on his skateboard in front of the house, pretending if he does not practise, he will forget all about it *smile*, and putting Sushant on the damn thing, a mother and daughter who left after a few days only because the daughter was missing her boyfriend, etc…so many stories of volunteers, …my fellow volunteers…

But also nice stories, all Ireland-related, a coincidence, I am not sure 🙂 … such as Sara Mc Murry, an English woman married to an Irish man, living in Ireland who I was lucky enough to meet at the EIL network week-end in Cork last year (November 2012), a very nice woman indeed, who came back several times in a row to Jaipur volunteering and then learning Hindi, like me, or Emer Jackson a lovely Irish woman who was also staying with my Papaji, who I also met at the EIL network week end but the previous year, in November 2011. I had taken a picture with Emer, and one with Sara to send to my Papaji, he was so surprised that we had met miles away from his house, in Ireland! And he also told me about a nice fellow, Irish guy (of course !) called John if I remember well, who works in a jail in Dublin. I don’t know him but from what I heard, I already like him!

After a long chat, poor Sudeep, who had worked all day at the shop with his wife, took me home on his motorbike, through the noisy streets of the Pink City,  as they thought I was not safe enough taking a riskshaw back to the guesthouse. I insisted that I would be grand, but when your Indian Papaji says you should do something…you’d better do it, and discussion is over. So off we go, my hair flying all over my face, being part of the mess on the road, together with the locals, belonging for some time to the Indian chaos…I could not be happier!

Les chauffeurs de Tuk-tuks

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Les auto-rickshaws pour moi représentent le Folklore Indien par excellence! La simple vue de l’un d’entre eux me rappelle toute l’expérience comme il s’agissait de mon mode de transport principal. La plupart du temps un conducteur d’auto-rickshaw venait me chercher chaque matin et il passait prendre des enfants pour les emmener à une école dans un quartier voisin. Ces enfants étaient adorables, ils venaient de familles de classe moyenne, ils étaient très bien élevés « bonjour », « au revoir » «  bonne journée » et portaient des uniformes scolaires.

Une fois, notre chauffeur d’auto-rickshaw avait mis la radio, et il y avait cette chanson qui passait. Les enfants chantaient, quand tout à coup je réalise qu’il s’agit d’une de mes chansons préférées « Rock’n roll Sonyie » (tiré du film Kabhi Alvida Naa Kehna qui date de 2006) que j’ai sur mon ipod, alors j’ai commencé à chanter avec eux….à leur grande surprise ! Puis le conducteur s’est finalement joint à nous ! Et voilà un heureux rickshaw qui roulait sur les routes de Jaipur 🙂

La circulation en Inde est impressionnante! Il semblerait que chaque voiture part dans sa propre direction sans considérer les autres ou même le code, en traversant des intersections à ce qui pourrait paraître n’importe quand, conduisant très près les uns des autres, que ce soit un vélo, un bus ou une voiture, parfois cela fait peur… mais au final, les statistiques d’accidents sont une agréable surprise ! Oh et j’allais oublier de mentionner que si une vache se trouve au milieu de la rue…alors seulement, le monde (Indien) va s’arrêter pour donner de l’espace à la Créature adorée. Même si elle décide de faire une sieste au milieu de la route ! La vache est le symbole de la Terre et de la Vie et les Indiens l’adorent ! Bref, pour résumer, la circulation Indienne est un désordre organisé…pour ceux qui le comprennent, mais je ne pense pas faire partie de ce groupe de gens 🙂

Cependant j’ai appris à faire confiance aux locaux et m’éloigner de ma mentalité Européenne. J’ai décidé de ne pas m’inquiéter. Parce que même si je m’inquiète, cela change quoi ?

Pendant mon temps libre, pour me balader dans la Ville Rose, je prenais des auto-rickshaws, qui ont un moteur, si j’étais pressée pour aller rencontrer quelqu’un par exemple mais si je ne faisais que errer sans but, j’aimais avoir la possibilité de monter dans un cycle-rickshaw, qui est tiré par un vélo, la puissance humaine uniquement. Parce que les Indiens vivent là et qu’ils sont pris dans leurs routines, ils optent la plupart du temps pour un auto-rickshaw pour aller de la maison au travail et vice versa. Les conducteurs de cyle-rickshaws étaient souvent âgés et vous pouviez sentir les poids des années sur les épaules rien qu’en les regardant, parfois ils ne portaient qu’un pagne à cause de la chaleur et de l’effort physique pour se faire seulement quelques roupies, alors je voulais aider un petit peu. Je négociais le prix normal (moins cher qu’avec un auto-rickshaw) avec eux et à la fin de la course je leur donnais je prix que j’aurais payé avec un auto-rickshaw – après avoir vécu dans la ville vous connaissez plus ou moins les distances et les prix des tuk-tuks. Je ne pouvais pas aider tout le pays…mais je pouvais aider ceux qui croisaient mon chemin.

Certains de ces conducteurs de tuk-tuk m’ont raconté un peu leur histoire sur le chemin, comment ils en étaient venus à devenir chauffeurs de tuk tuk, ce qu’ils aimaient faire lorsqu’ils n’avaient pas de clients pendant la journée (souvent boire du thé masala avec leurs amis chauffeurs de tuk tuk !), l’un d’entre eux allait faire les courses de sa Maman quand il avait un moment de libre, ils m’ont parlé de leurs familles, des autres étrangers qu’ils avaient rencontrés, et parfois même… leurs rêves, ce qu’ils attendaient de la vie…

Ils parlaient toujours très fièrement de leur métier. A les écouter, être un conducteur d’auto-rickshaw, c’était aller à la rencontre du monde autour de la ville, où ils pouvaient apprendre des Cultures des Pays qu’ils ne visiteraient jamais, écouter des langues qu’ils n’entendraient pas s’ils n’avaient pas ces clients qui les parlaient sur leur siège arrière de leur rickshaw, et ils étaient fiers de montrer à ces étrangers, leur jolie ville – parce que oui, Jaipur EST une jolie ville – même si je la vois belle parce que maintenant (dans mon cœur) c’est ma ville en Inde !

Un de ces conducteurs avait un livre d’Or qu’il avait fait signer par ses clients, ou chacun exprimait sa satisfaction lors de son trajet avec lui, et je pouvais voir des étoiles dans ses yeux alors qu’il me lisait les compliments, c’était très touchant, je vous assure ! Il m’a demandé de traduire quelques commentaires en Français et en Espagnol que des passagers avaient laissé dans leur langue maternelle, et je pouvais voir un sourire se dessiner sur son visage alors que je les lui traduisais.

En général, leur vision de moi changeait quand je leur disais que je vivais à Jaipur et que j’étais Bénévole. Je n’étais plus une touriste comme les autres. J’étais là pour aider les leurs du mieux que je pouvais, pour essayer de comprendre leur Culture et m’intégrer, ils pouvaient voir mon intérêt pour leur langue et ils essayaient de m’enseigner deux/trois choses en Hindi, et souvent m’ouvraient leur cœur davantage….

Tuk-tuk drivers

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Auto-rickshaws are for me one of the musts of the Indian Folklore! The sight of one just reminds me of the whole experience as it was my daily mean of transport at that time. Most of time, the same rickshaw driver was picking me up every morning and then he was picking up some children to take them from a nearby school. Those kids were adorable, came from middle class families, very polite, saying “good morning” and “goodbye” and “have a nice day” and were wearing school uniforms. Once, our rickshaw driver had the radio on, and that song was on. The children started singing, when I realized it was one of my favorite songs, “Rock’n roll soniye” (from Kabhi Alvida Naa Kehna, an Indian film that was released in 2006) that I have on my Ipod, so I started singing with them, …to their great surprise! Then the driver joined us! And here was a happy rickshaw driving around Jaipur  🙂

Traffic in India is impressive! It seems each vehicle is going its own way without considering others or even the rules, crossing intersections at what could look like any time, all driving really close to each other, whether it is a bike, a bus or a car, it is sometimes scary… but in the end, accident statistics are surprising, in a good way! Oh and of course, I was going to forget to mention that if a Cow is in the middle of the road…then only, the whole (Indian) world will stop to give space to the adored Creature. Even if it decides to take a nap in the middle of the road! The Cow is the symbol of Earth and Life and Indian LOVE it! Anyway, to sum it up, Indian traffic is an organized mess…for those who understand it, but I don’t think I am part of that group of people 🙂

However I learnt to trust the locals, and keep away from my European mind. I decided not to worry. Because even if I do, what will that change?

During my free time, to travel around the Pink City, I used auto-rickshaws which have an engine, if I was in a rush to meet someone for example, but if I was just wandering around, I liked to get the option to climb in a cycle-rickshaw which is led by a bike, by human power only. Because Indian people lived there and were into their routines, they chose auto-rickshaws most of the time to go back and forward between their homes to their workplace and vice versa. The cycle-rickshaw drivers were often quite old and you felt the weight of the years on their shoulders just looking at them, sometimes only wearing a few lot of clothes, because of the heat and the physical effort to make for only a few rupees, so I wanted to help a little bit. Arranging a price (cheaper than an auto-rickshaw) with them, and then giving them the price of what it would have cost me with an auto-rickshaw – after living in the city you know more or less the distances and tuk-tuk prices. I could not help the whole country…but I could help the few people I met on my way.

Some of those Tuk-tuk drivers told me a bit of their stories along the way, how they came to become rickshaw-drivers, what they liked doing when they had no customers during the day (drinking Masala Chai with their rickshaw-drivers fellows!), one used to go shopping for his Mom whenever there was an empty moment, they told me about their families, the other foreigners they had met, and sometimes even… their dreams, what they expected of life…

They all always spoke highly of their job. Listening to them, being a tuk-tuk driver was going out to meet the world around the city, where they could get to know Cultures of Countries they would never go to, listen to languages they would never hear otherwise, if they did not have those customers speaking it in the back seats of their rickshaw, and also they were fairly proud to show those foreigners their lovely city – because yes, Jaipur IS a lovely city – even though I find it lovely because it is now (in my heart) my home town in India!

One driver had even a guest book that he had signed by his customers, where the said customers said how happy they were about their ride when they travelled with him and I could see stars in his eyes reading the compliments, heartwarming, I swear to God! He even asked me to translate some French and Spanish comments that some people had left in their own languages, and I could see a smile growing on his face as I was translating them for him.

Also I think their vision of me changed when I told them I was actually living in the city and Volunteering. I was not a tourist like others, I was here to help their people the best I could, to understand their Culture and integrate into it, they could see my interest in the language, they tried to teach me a few things in Hindi on a way, and often, they opened their hearts even more…