Athithi Devo Bhava (Un invité est Dieu)

Vous le savez ou peut-être pas, mais les Indiens considèrent que de recevoir des invités est un honeur immense car on dit que “Dieu vient dans votre maison sous la forme d’invités“.(Athithi Devo Bhava).

Bon, et bien c’est bien comme cela que j’ai été reçue partout en Inde, avec des guirlandes de fleurs parfois dans les hôtels, mais principalement à Jaipur où j’ai des amis, et la famille qui est devenue la mienne.

Comme je l’ai dit dans mon précédent blog, ma prof d’Hindi (et amie) m’a accueillie après 5 ans avec des fleurs. C’était une belle surprise et tellement gentil de sa part!

Pendant mon expérience de bénévole à Jaipur, je me suis fait des amis, des employés de l’Organisation Non-Gouvernementale, et un en particulier est devenu un ami très proche. Tout a commencé lors du Festival Hindu, du nom de Raksha Bandhan. Durant ce festival, les filles attachment un rakhi (bracelet) au poignet de leur frère ou un garcon qu’elles considèrent comme leur frère, et en retour, avec un petit présent à sa soeur, il va lui offrir sa protection éternelle.

Un exemple d’un Rakhi

 

J’avais fêté cela avec les enfants des bidonvilles, en dessinant des “rakhis” sur une feuille de papier, et ils devaient les découper et les attacher à leurs poignets. Et en les dessinant, je m’étais demandé, si j’étais Hindoue, à qui aurais-je donné mon Rakhi? Probablement à ce garçon de l’ONG, j’étais sous sa protection de toutes façons de part sa position en tant qu’employé de l’ONG qui m’embauchait…

Un jour, je parlais de ce festival avec lui, et il m’a demandé si j’avais attaché un rakhi à quelqu’un et si oui, qui était l’heureux élu…alors je lui ai dit que je ne savais pas si, en tant que non-Hindoue je pouvais le faire, mais que si je pouvais, c’est à lui que je l’aurais donné. Cela l’a beaucoup ému. Depuis ce jour, on a commencé à s’appeler “frère” (bhai, en Hindi) et “soeur” (behen).

Maintenant de visite en Inde, 5 ans plus tard, pour commémorer la manière dont notre amitié a débuté, je lui avais offert deux rakhis de style Irlandais, un tout vert avec un trèfle, et l’autre aux couleurs du drapeau Irlandais, qui par hasard sont les mêmes que celui du drapeau Indien (vert, blanc et orange).

On s’était toujours écrit des emails plusieurs fois par semaine pendant ces 5 ans, en se posant toutes les questions sur les cultures de l’un et de l’autre, sur les problèmes de la vie, et les moments agréables de la vie de chacun.Aussi il m’a aidée avec mes cours d’Hindi en ligne, lorsque j’avais des questions ou des doutes. Je me souviens que son rêve était d’apprendre à nager, et un jour, j’ai reçu un mail expliquant qu’il avait été à sa première leçon! Sachant son histoire, j’étais tellement enthousiaste et contente pour lui! Il allait tous les matins avant le travail, malgré le fait que la piscine était ni proche de son bureau ou ni de chez lui, et que cela signifiait se lever bien plus tôt le matin!

Je lui avais enseigné quelques mots de français et d’espagnol, dont il se souvient toujours aujourd’hui! Quand il est venu me chercher en voiture chez ma famille Indienne, pour m’emmener chez lui car il voulait que je rencontre sa famille, et l’anniversaire de sa fille était l’occasion parfaite, il est venu avec sa nièce. Elle m’a salué avec un “bonjour” en français. Il lui avait enseigné quelque chose en français pour moi, adorable! Des petites choses mais qui vous touchent au plus profond.

Une fois arrivés à la maison familiale, tout le monde était très chaleureux, et j’ai été touchée quand son père m’a dit “You’re most welcome“(“tu es la bienvenue”), j’étais contente de revoir sa femme Dimple aussi, que j’avais rencontrée la dernière fois, qui est toute gentille, et même si elle maîtrise un peu moins l’anglais que lui, on arrive à communiquer et bien s’amuser.

Leur fille Vanshika est une petite princesse pleine d’énergie! Pour les remercier de cette superbe soirée, j’ai pris plein de photos, de chacun avec la petite fille, et aussitôt rentrée, les ai fait imprimer pour les leurs envoyer.

Le lendemain était un dimanche, Amit était en congé et voulait m’emmener me balader autour de Jaipur, il m’a laissée choisir l’endroit et on a conduit jusqu’au Jal Mahal (Palace sur l’eau, en Hindi), le nom parle de lui-même: un palais trônant au milieu de l’eau, avec les montagnes dans le fond. Un paysage relaxant un peu en dehors de la ville qui fourmille. On a été au Temple de Krishna à côté qui a des jardins magnifiques. Le soir nous sommes allés au restaurant dans le quartier de C-Scheme et je les leur ai retourné l’invitation de la veille, le dîner chez eux.

A la maison de ma famille Indienne, mon petit frère nous sert constamment de l’eau, des sodas, et des biscuits quand j’arrive pour parler avec Papaji. Incroyable comme le temps file quand on commence à discuter! J’ai encore du mal à realiser qu’il est là devant moi…je le vois avec des nuages autour du visage comme si c’était un rêve… et que j’allais me réveiller bientôt … mais je ne me réveille jamais! Chaque jour Papaji me dit de rester pour le dîner mais j’ai d’autres plans, mais je meurs d’envie d’accepter.

Quand finalement j’accepte, on passe une belle soirée. Il me demande aussi comment fonctionnent quelques petites chose sur l’ordinateur, car c’est moi qui, il y a 5 ans, lui ai créé son adresse email, et lui ai enseigné à écrire et à envoyer des emails, et il me demande aussi de lui montrer des photos de ma vie en Europe.

Un autre jour, Sushant (mon petit frère Indien, le plus adorable et le petit garçon le mieux éduqué du monde, je vous jure!) m’a demandé ce que j’avais appris à mes cours d’Hindi et je lui ai mentionné les lettres Devnagari, et que j’avais appris à écrire mon nom, alors il a couru chercher son cahier d’école pour que je le lui écrive. Ensuite on a pris quelques exemples de mon livre et il m’a montré comment écrire les mots et je devais les recopier sur lui. Superbe moment passé avec lui!

La nourriture cuisinée par ma Maman Indienne est délicieuse mais en plus de cela c’est celle que j’avais tous les jours il y a 5 ans, alors c’est encore meilleur! Et juste d’être assise de nouveau à cette table est génial!

Puis retour à ma maison d’hôte en moto avec le fils de mon Papaji (Sudeep) dans cette incroyable ville qu’est Jaipur, une sensation de liberté, vous n’avez pas idée!

Le lendemain, la famille de mon B&B, Girija et Padmesh, et leur fils Khush, qui avaient de la visite de leur famille de Delhi, Meenaxi et Subodh, voulaient m’emmener avec eux au spectacle de son et lumière à Ambert Fort. Ils avaient planifié d’aller un certain jour mais comme j’avais d’autres plans, ils avaient changé les leurs pour que je puisse aller avec eux, c’était tellement gentil!

C’était une merveilleuse histoire (la formation historique de Jaipur) et un cadeau pour les yeux! On a pris un take-away sur le chemin de retour et avons mangé à la maison. Encore une soirée encore bien agréable! Ils avaient pris quelques bières et malgré le fait que quand je suis en Inde je refuse de boire de l’alcool, car une fille qui voyage toute seule doit rester alerte à tout instant, j’ai accepté d’en prendre une avec eux, car on était à la maison et j’étais en sécurité.

Pendant ma semaine j’ai aussi pu aller visiter les nouveaux bureaux de mon ONG, qui est grosso modo de l’autre côté de la route de leurs anciens bureaux et mon ami Amit m’a présentée à toute l’équipe, un par un, ils avaient tous l’air sympa, et m’ont dit que j’étais la bienvenue à Jaipur!

Malheureusement mes vacances touchaient à leur fin…et il était temps de dire au revoir (Alvida)… Oh non pas ça, j’ai horreur de cela!

On a été prendre un café avec Amit après son travail, pour se dire au revoir mais le lendemain alors que j’étais chez ma prof d’Hindi/cusine Indienne, il l’a appelée pour savoir s’il pouvait venir me dire au revoir une seconde fois, un cadeau à la main cette fois. C’était des écouteurs et un micro, et il y a une raison bien précise à cela, c’est qu’il veut toujours parler avec moi sur Skype, et je ne sais jamais où est mon casque. Donc plus d’excuses maintenant pour moi! 🙂 J’ai encore eu des cadeaux de ma prof, deux de ma famille, un autre par la famille de mon B&B. Tellement adorable… Comment pouvais-je possiblement avoir envie de quitter cet endroit?

J’espère que ce blog vous a donné envie d’aller découvir ce pays incroyable, et ses habitants: il y a tellement à apprendre, à voir, à sentir, à goûter, à découvrir, tellement de gens à rencontrer… J’aimerais avoir mille vies pour pouvoir faire tout ça!

Tout ce que j’ai à dire, c’est:

Jai Hind! (Longue vie à l’Inde!)

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MasterChef à Jaipur

Mon Guru (professeur) me donnait des cours d’Hindi en premier puis ensuite le cours de Cuisine. Une fois les plats préparés, on les dégustait pour le déjeuner ensemble, cela nous permettait de passer un peu plus de temps ensemble.

Si vous aimez la nourriture Indienne dans les restaurants Européens, et bien…la nourriture en Inde est encore meilleure et probablement plus saine! Pour quelqu’un qui ne cuisine pas du tout à la maison comme moi, cette immersion dans une cuisine Indienne était une découverte totale!

Pour commencer, jetez un oeil à ces placards, vous serez impressionnés par la quantité de différents épices tous plus colorés les uns que les autres!

 

 

C’est l’élément de base à la chimie qu’est la cuisine Indienne.

Subhadra a aussi écrit son propre livre pour ses cours de cuisine, et malgré le fait qu’elle pourrait faire tous ces plats les yeux fermés, on a suivit point par point la recette, ainsi s’il manquait quelque chose ou si je voulais prendre des notes supplémentaires, je pouvais.

Aussitôt que le premier ingrédient est jeté sur le feu, l’odeur se répand dans toute la cuisine! Cher Rajasthan, tu sens si bon!

Jour 1: on a préparé un plat qui s’appelle Dum Aloo (Aloo veut dire “pomme de terre”) qui est originaire de la région du Kashmire, dans la partie Nord du pays, et où les touristes ne sont pas autorisés d’aller à cause des tensions politiques. Quel dommage, ça a l’air d’un endroit magnifique!

Ensuite elle m’a donné le secret pour faire des Chapattis. C’est une sorte de pain que les Indiens utilisent comme nous occidentaux nous utilisons la fourchette et le couteau. Les Indiens mangent la plupart du temps avec les mains (une chose que j’adore faire quand je suis ici), et enrobe la nourriture dans le chapatti avant de l’enfourner dans leur bouche.

C’était tellement drôle: elle me faisait la demonstration et quand c’était mon tour, j’étais incapable de faire un rond. Il était toujours carré! Le mieux que j’ai pu faire est un oval. Elle m’a dit que ça viendrait avec la pratique. Certaines personnes douées y arrivent avec une seule main, à les faire plat et rond, un vrai chapatti digne de ce nom!

Et on a fait un dessert sucré avec du lait et du safran.

 

 

 

Jour 2: On a travaillé dur pour faire un bon Channa Masala et celui là est un plat du Punjab, état qui se trouve au Nord également. Si vous n’êtes pas trop sûr de où cela se trouve, vous avez probablement déjà vu une photo de ce magnifique temple doré entouré d’eau….et ça c’est Amristar, capitale du Punjab. Le Punjab est aussi le berceau de la religion Sikh (les homes qui portent des turbans). Mais ce que j’aime le plus du Punjab, c’est la musique Bhangra, et le son de cet instrument: le Dhol, qui me rend complètement dingue 🙂

 

Un autre type de pain est le Paratha. C’est le pain que j’avais au petit déjeuner chaque matin dans ma famille d’accueil (maintenant ma propre famille!) quand je vivais à Jaipur, et j’adore ça! Le paratha n’a pas besoin d’être rond, donc ça m’a rendu la vie plus facile pour les faire!

Jour 3: La grande découverte de ce jour était d’apprendre à faire du fromage (Paneer). On l’a fait en mettant du lait à cuire, puis en y ajoutant du vinaigre, puis en l’essorant dans un torchon, avant de faire la sauce qui va avec, et le chutney de coriandre..

 

 

 

Jour 4: Là ma prof a une fois de plus adapté le cours pour moi: elle sait que je suis folle des Gol Gappas, qui sont des coquilles croustillantes que vous pouvez fourrer de toutes sortes de légumes et de jus de citron (ou de jus de citron seulement, ce que je préfère). Elle explique que c’est difficile à faire et que normalement les gens les achètent tous prêts au marché, mais on va essayer de les faire nous-mêmes. Nous voilà parties à faire des petits ronds avec de la pâte et à les jeter dans l’huile bouillante, en espérant que cela fasse une boule! Quelques-unes sont sorties comme il faut, et il y avait des cris de joie dans la cuisine quand une était jolie!

On a également fait des Samosas qui sont des triangles remplis de legumes, et un pudding de pommes: Kheer, qui est prêt très rapidement (en cas d’invités surprise, comme ils dissent!).

 

Jour 5: On a fait des épinards (Palak) avec des bébés maïs. J’ai realisé durant cette session combien les couleurs sont importantes dans la cuisine Indienne. Certaines étapes de la préparation n’avaient lieu que dans le but de garder une couleur bien verte dans les épinards jusqu’à ce que le plat soit servi.

On a aussi fait un daal, qui est une purée de lentilles, comme je l’ai expliqué dans le blog de “Jodhpur”. Il y a autant de sortes de daal que de variétés de lentilles (jaunes, brunes, noires….).

Pendant que le daal cuisait, on a fait des naans, une autre sorte de pain Indien

Jour 6: On a prepare un byriani (riz) et une raita (faite de lait et de concombre)

 

 

 

Jour 7: on a fait du Chai (thé masala). Les Indiens ne préparent pas un théière de thé masala, ils le préparent tasse par tasse ou deux tasses par deux tasses, pour avoir des épices frais, eau et lait pour chaque tasse qu’ils boivent! C’est du travail mais le résultat est merveilleux! Ce n’est pas seulement une tasse de thé, c’est le gout de l’Inde qui vous fait vous sentir si bien à l’intérieur!

Subhadra, en train de cuisiner

Jaipur, la Ville Rose, qui fût une fois ma ville

Dernier tronçon sur la route avec Ram Narayan, mon chauffeur. D’une côté, je suis impatiente d’être à Jaipur car cela fait 5 ans que j’ai quitté cette ville, les larmes aux yeux, dans le coeur, et des douleurs dans le ventre…et je me demande comment je vais me sentir d’être à nouveau là-bas, après qu’elle m’ait tant manqué et si longtemps, je me demande si je vais la reconnaître ou pas, et d’un autre côté, quitter les gentilles personnes que j’ai croisé sur mon chemin n’est pas la meilleure partie des nouvelles rencontres… Ram Narayan est originaire de Jaipur, et quand on arrivera à notre destination, il va avoir 5 ou 6 jours de congé et il va les passer chez lui avec sa famille.

On s’arrête une dernière fois avant d’arriver pour prendre un chai (Thé Masala) ensemble. Je lui ai raconté mon histoire, alors il sait que c’est une importante partie du voyage pour moi. Dès que nous arrivons, il me dit: “Bienvenue à Jaipur!!!”. Cela vient d’un local et ça a d’autant plus de valeur!

Je m’installe dans la maison d’hôte où je vais rester 8 jours (la maison d’une amie d’une amie), et bon, maintenant je ne suis qu’à quelques kilomètres de la maison de ma famille Indienne, avec qui j’habitais il y a 5 ans. J’ai tant attendu ce moment…et maintenant je suis un peu stressée de comment cela va se passer. Je ne voudrais pas me mettre à pleurer ou même avoir les larmes aux yeux. Le contrôle de soi-même va être nécessaire! Mais il faut que j’aille maintenant, ils savent que j’arrive aujourd’hui à Jaipur et ils s’attendent à me voir arriver…et du fond de mon coeur, je veux les voir MAINTENANT!

Première chose, sauter dans un auto rickshaw en direction d’Apex Mall, dans le quartier de Lal Kothi. C’est seulement un trajet de 40 rupees (oui je ne saurais dire la distance…peut-être 2 km!). Juste le fait de donner ma destination au chauffeur de tuk-tuk, j’ai l’impression de lui dire “je rentre à la maison!”. Etre assise ici de nouveau est une sensation formidable, à filer entre les voitures et les motos, sentir la ville vibrer tout autour de soi, et pouvoir la toucher!

Apex Mall n’a pas changé du tout. Je commence à marcher comme d’habitude vers la maison, mais il y a eu tellement de maisons construites en 5 ans, que je me perds. Je demande à un habitant où est le numéro D31 et il me donne sa réponse en Hindi, mais croyez-le ou non, j’ai compris les indications! Woohoo!

Quand j’arrive finalement, au bout de la rue, il y a la boutique bleue (qui fait partie de la maison) où ils travaillent et la maison où j’ai vécu. Me revoilà, 5 ans plus tard. Je l’ai fait! Sudeep me voit dehors, me sourit et me fait signe d’entrer. Sushant, mon petit frère Indien, m’attend, et me sourit. Il a l’air de savoir qui je suis. Il avait seulement 5 ans et maintenant il en a 10, c’est la moitié de sa vie, alors je comprendrais s’il ne se souvenait pas de moi….Je le lui demande et il sourit en me disant que oui il se souvient de moi. Mon coeur chutte.

Il va dans une chambre derrière, appelle mon “Papaji” (Papa= Père, et Ji est une postposition qui reflète le respect, en Hindi), son grand-père (Dadaji – en Hindi, ils différencient les grand-parents maternels: Nana & Nani et les grand-parents paternels: Dada & Dadi)

Quand je vois mon Papaji apparaître derrière le rideau, je ne peux m’empêcher de m’écrier Papajiiiiiii!”, “Haan betiiii” fût sa réponse (“oui ma fille“) et il me prend dans ses bras, ce qui me m’émeut beaucoup car le contract physique entre un homme et une femme n’est pas commun en Inde, dans les lieux publics du moins. Cela me donne une indication du moment spécial que je suis en train de vivre.

J’ai toujours eu de ses nouvelles, toutes les semaines depuis que je l’ai quitté, pendant ces 5 ans, mais le revoir, là en face de moi, avec toute la sagesse que je vois en cet homme, et son coeur si pur. La maison est plus claire car ils ont repeint les murs en vert clair, enlevé le cyber café qu’ils avaient. Donc beaucoup plus de place, joli comme tout! Je m’assieds là, perdue entre le passé et le present. Suis-je en 2008 habitant ici et à travailler dans les bidonvilles, ou en 2013 en vacances, les visitant?

Il me demande comment était mon voyage depuis Mumbai, jusqu’ici: comment était le temps, qu’est ce que tu as vu, comment a été ton estomac avec la nourriture, comment je gère la chaleur, est ce que tu dors bien la nuit…toujours la même chose, en train de se soucier et de prendre soin de moi!

Je lui demande comment va la vie dans les alentours, et il me parle des membres de sa famille (certains je les ai rencontrés), des histoires de l’ONG pour laquelle je travaillais, des quelques bénévoles qui sont restés chez lui , des espagnols qui avaient dit qu’ils seraient de retour à 23h et à 2h du matin, ils  n’étaient toujours pas de retour alors que Papaji dormait dans le salon en les attendant pour leur ouvrir la porte, un Norvégien complètement fou qui avait été malade, après avoir insisté sur le fait qu’il devait à tout prix s’entraîner sur son skateboard devant la maison sinon il allait oublier *humour* et qui avait mis Sushant sur l’engin diabolique, une mère et sa fille qui sont parties après quelques jours seulement car le petit copain manquait trop à la fille, … tellement d’anecdotes sur les autres bénévoles.

Mais aussi de jolies histoires, toutes en provenance d’Irlande, une coincidence je ne suis pas sûre 🙂 … comme par exemple Sara Mc Murry, une femme Anglaise qui a épousé un Irlandais, et qui vit en Irlande, que j’ai eu la chance de rencontrer lors d’un network weekend organisé par EIL (l’organisation qui m’a envoyée en Inde), à Cork, Irlande en Novembre 2012, une femme adorable, qui était revenue plusieurs fois à Jaipur pour apprendre l’Hindi comme moi, ou Emer Jackson, une femme Irlandaise adorable  qui avait aussi logé chez Papaji, que j’ai également rencontrée au network weekend de EIL en Novembre 2011. J’avais fait des photos avec Sara et Emer pour envoyer à Papaji, il était tellement surpris que l’on se soit rencontrées, à des milliers de kilomètres de sa maison, en Irlande. Il m’a aussi parlé d’un gentil garçon Irlandais (évidemment!) qui s’appelle John, si je me souviens bien, qui travaille comme gardien dans une prison à Dublin. Je ne le connais pas, mais d’après ce que j’ai entendu dire de lui, je l’apprécie déjà!

Après un papotage assez long, ce pauvre Sudeep qui avait travaillé toute la journée à la boutique avec sa femme, m’a ramenée au B&B en moto, à travers les rues bruyantes de la Ville Rose, comme ils pensaient que je n’étais pas en sécurité  de prendre un rickshaw. J’ai insisté que tout irait bien, mais quand votre Papa Indien vous dit de faire quelque chose, …vous feriez mieux de vous exécuter, pas de négociations possibles. Et nous voilà partis, mes cheveux volaient partout sur mon visage, je faisais partie de ce fouilli sur une route Indienne, avec les locaux, appartenant une fois de plus au chaos Indien…je ne pouvais pas être plus heureuse!

 

Bikaner, la ville du Chameau

La raison pour laquelle il n’y a que très peu de touristes étrangers à Bikaner est qu’il n’y a pas d’aéroport. Le plan cependant c’est d’en avoir un de construit bientôt. D’après les locaux, la majorité des visiteurs étrangers sont Espagnols ou Italiens.

Ici le Fort est une propriété de la famille Royale mais ils vivent ailleurs. Le Fort est là juste dscn2532.jpgpour que les touristes puissant le voir et l’argent récolté (billets d’entrée) va pour la restoration du Fort, consolidation de l’édifice, et donner une nouvelle vie aux peintures murales. Cette ville est reconnue pour son école de Peinture Botanique, et les étudiants de cette école aident à la restoration du Fort.

Pendant la visite, on a rencontré un groupe de Français et mon guide m’a dit, un grand sourire aux lèvres, que leur guide est un de ses élèves, en écoutant attentivement ce qu’il disait. L’élève en question tournait le dos mais dès qu’il  eût terminé, il a vu mon guide s’est senti géné, et a joint ses 2 mains en signe de respect pour son “guru” (un professeur, quelqu’un qui vous enseigne quelque chose), qui l’a complimenté sur son travail.

En passant je lui ai dit: “Vous parlez très bien le Français!” et il a souri, content du compliment. Son Guru m’a expliqué qu’il a appris le français à l’Alliance Française de Bikaner, et qu’il a étudié quelques mois en Suisse. Il était son neveu. Mon guide passé lui-même pas mal de temps dans la partie Italienne de la Suisse (Tessin/Ticino) et a des amis à Lugano (magnifique endroit, au passage!)

Puis j’ai eu le choix entre deux visites: des temples Jains ou l’Institut de Recherche du Chameau. J’ai pris l’option 2 et ai appris tellement sur la centaine de chameaux vivant ici!

Un chameau vit environ 25 ans. Il devient mature vers 3 ou 4 ans pour un femelle,  et 5 ou 6 ans pour un  male.

Les 3 différentes races sont:

– le chameau de Bikaner: très grand, couleur brune, de longs cils.

– le chameau de Jaisalmer: un peu plus petit, brun clair

– le chameau du Gujarat (Gujarat est un état de l’Inde): blanc, pas une race réputée

Dans un des parcs, on a vu seulement des femelles avec leurs bébés, sous leurs ventres en train de les nourrir.

L’institut est comme une petite ville, plusieurs bâtiments pour chaque but précis, et autour, de l’herbe verte et des fleurs. Des scientifiques, chercheurs, vétérinaires … travaillent mais aussi des entraîneurs qui connaissent très bien le comportement des chameaux, leur font faire de l’exercice physique pour qu’ils soient en forme, et les entraînent pour des courses.

Les sujets les plus étudiés du moment sont les maladies de la peau et les problèmes de dentition, qui sont les maladies les plus courantes dans la vie du chameau.

Et..oh! J’ai fait une découverte incroyable: les chameaux en hiver, adorent l’odeur du tabac! Est ce que vous saviez ça? Est-ce pour cela que les cigarettes Camel (la société pour laquelle je travaille) utilise le logo du chameau? Bon c’est ce qu’on m’a dit. Je suis sûre que cela surprendrait beaucoup de mes collègues de travail. Le fait a été prouvé, mais la raison qui l’explique reste à être démontrée.

Parlons d’argent maintenant….un chameau coûte habituellement 5000 USD, et un chameau bien entraîné par exemple, 10 000 USD!

 A Bikaner, le chameau est souvent utilisé pour les objets souvenirs: vous trouverez beaucoup d’objets en os de chameau (on m’a certifié que le chameau n’était pas tué dans cette optique, mais ils “recyclent” les os après une mort naturelle) et de la laine de chameau. Pour cela, la laine de la nuque du chameau est réputé pour être de très bonne qualité, car le poil est plus doux. Vous trouverez aussi des écharpes en Pashmina (la race de mouton duquel la laine est prélevée), Baby Pashmina (encore plus douce), et d’Antilope.

Pour cela on appellee Bikaner “la ville du Chameau”, et maintenant vous savez pourquoi!

Comme précédemment mentionné, la signature de Bikaner est l’art floral, et j’ai eu la chance de rencontrer Raju Swami. Son nom ne vous dit peut-être rien, c’était mon cas, mais il a peint une pièce qui a été exposée aux Galleries Lafayette à Paris. On se sent honoré d’y être visiteur dans son studio privé. Il a aussi fait quelques cartes pour UNICEF qu’il m’a montrées.

Il travaille avec de la peinture faite de pierres précieuses et avec des pinceaux en queue d’écureuil ce qui lui permet de dessiner des choses bien dans le détail. Il m’a montré un arbre qu’il a peint qui comptait 17 000 feuilles! Il en peignait tous les jours et comptait ce qu’il avait dessiné chaque jour….ce qui demande une patience folle…que je n’ai certainement pas…

Il m’a parlé des concours qu’il avait gagné et des prix. Dans son studio, il y avait aussi des articles de journaux et magazines, même un journal français.

9 étudiants viennent tous les jours dans son studio et y exposent également. Les gens qui s’y arrêtent pouvaient acheter des peintures s’ils veulent. J’ai acheté une de ses pièces, une fleure bleue qu’il m’a gentiment dédicacée! Merci Raju!

Voici son site, avec l’art floral: http://rajuswamiart.com/Flowers/

Jaisalmer, la ville dorée

Après avoir zigzagué entre les vaches, chèvres, chameaux et camions sur le mauvais côté de la route, qui se dirigent droit vers vous, vous faisant douter que vous êtes en train de vivre les dernières minutes de votre vie….on arrive à Jaisalmer.

On trouve ces pélerins tout le long de la route, en dscn2247train de marcher parfois pieds nus, sous la chaleur du Rajasthan, vers ce temple à 80 km de Jaisalmer avec des sacs très lourds sur leurs têtes, d’autres sur des motos, d’autres en vélo, d’autres à dos de chameaux… Là vous pouvez voir que la foi les porte… Les petits restaurants sur le bord de la route leur donnent de la nourriture gratuitement, car de nouveau le but de leur expédition est religieux.

Mes yeux sont grands ouverts et j’ai soif de tous ces paysages, et de la vie qui se déroulent derrière la fenêtre! A la radio, je réalise que je connais plus de chansons ici en Inde qu’à la maison en Europe, trop drôle.

Mon hôtel est à l’entrée de la ville, il est vraiment beau, j’ai pu profiter d’une balade autour dans les beaux jardins bien préservés, avec de l’herbe bien verte malgré la chaleur et le désert qui se trouve à deux pas d’ici. Je trouve à l’entrée, un membre du personnel avec des habits traditionels et un turban, il ne parle pas Anglais, alors je lui pose quelques questions en Hindi et je lui explique d’où je viens, et il est content que je fasse l’effort de parler sa langue alors il accepte de pauser pour ma photo.

Plus tard dans l’après midi, je pars voir le coucher de soleil depuis les “Chatteries”, en endroits où il y a des cénotaphes avec une vue imprenable sur la ville entière, et le fort qui la surplombe. Quel endroit magique! J’ai marché encore et encore, entre les chèvres sur mon chemin, la lumière devenait de plus en plus rouge alors que le temps passait, et que le soleil descendait dans le ciel, en changeant les couleurs des remparts de la ville qui se trouvaient en face de moi. C’était vraiment un sentiment que le monde vous appartient!

Tôt le matin suivant, on m’a emmenée à un lac artificiel où pêcher est interdit, car les dscn2352poissons ont été introduits ici, et les gens viennent les nourrir et on dit que cela porte bonheur. Autrefois, ce lac était le seul accès à la ville et chaque soit, les portes de Jaisalmer fermaient jusqu’au lendemain. De cette façon, si des bateaux arrivaient la nuit, ils pouvaient rester là, cuisiner, dîner et dormer avant que le soleil se lève et les portes rouvrent.

Visite du Fort, de quelques temples Jains, et Havelis. Les Havelis qui sont des maisons faites en pierres locales, et qui laissent l’air entrer – “hav” dans le mot “havelis” vient de “hawa” qui signifie “air” ou “vent” en Hindi.dscn2408

Un Haveli avait été construit par 2 frères et chacun avait fait une moitié, et les deux parties étaient assez similaires, à quelques details près. Il y avait 100 differences entre les deux parties  (apparemment quelqu’un avait les avait comptées!).

Dans le Fort, il y a beaucoup de maisons d’hôtes, restaurants et magasins, que nous devrions boycotter car ils détruisent le Fort peu à peu… Alors les guides et même le Lonely Planet encouragent les touristes à ne pas acheter quoi que ce soit dans ces endroits, et d’attendre d’être en dehors pour le faire. C’est si triste de penser que le Fort va peut-être s’écrouler dans un avenir proche…mais il n’y a rien que nous, touristes, puissions faire, sauf décourager ces pratiques, alors j’ai contribué à ma façon à la preservation du Fort de Jaisalmer par ce petit geste.

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De retour en Inde après 5 ans… Arrivée à Mumbai.

Cinq and après mon expérience en tant que bénévole, j’ai finalement fait mes valises pour aller revoir tout le monde! J’avais rêvé de ce moment tous les jours depuis que je les avais tous quittés!

Se réveiller dans un bruit incessant de bruits de klaxons. On se sent si vivants dans ce chaos Indien! Je me levais pour découvrir la capitale du cinema Indien.

Mumbai vient du nom de la Déesse “Mumba” et “Ai” qui en Marathi (la langue locale de l’Etat du Maharastra, où Mumbai se situe) signifie “Mère”.

Nous voilà donc sur la route pour voir les Dhobi ghat, la plus grande blanchisserie à ciel ouvert, non pas de l’Inde, non pas d’Asie, mais du monde entier! L’endroit est incroyable, les hôpitaux, hôtels, et familles donnent leurs choses à nettoyer ici-même. C’est un fourbi organisé, une couleur rangée d’un côté, les jeans d’autre part, les draps de lit un peu plus loin…

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Dhobi ghat

L’arrêt suivant était le Temple Jain. Le Jainisme est une religion qui vient de l’Hindouisme mais avec des croyances encore plus spécifiques, par exemple ces gens sont également végétariens mais ne mangent pas de poisson ou de poulet, les Hindous parfois si, et aussi, ils ne mangent pas de légumes qui poussent dans la terre.

Les gens apportaient de la nourriture au temple pour l’offrir aux diverses représentations de leurs Dieux. En descendant un escalier, j’ai trouvé un miroir, où les visiteurs sont censés s’appliquer un peu d’ocre sur leur front: cela diffuse une bonne odeur qui enlève toutes les tensions dans le corps et l’esprit.

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Shipla, ma guide

Avant un mariage, qu’il soit Hindou ou Musulman, les gens jettent de l’eau de rose sur les invités avant qu’ils pénètrent dans la maison, car l’odeur est connue pour éliminer les tensions (par ex: ils auraient pu avoir une bagarre juste avant de venir…) ainsi ils peuvent entrer dans la maison avec leur âme en paix.

Mon adorable guide, Shilpa, m’a expliqué qu’en Inde, on n’utilise pas de mots comme “Merci” (“Dhanyavad“) ou “S’il vous plait” (“Krypyia“) parce que, comment peut-on retranscrire combien nous sommes reconnaissants? En Inde, on montre notre reconnaissance à travers des actions, en prenant soin des autres, et en faisant des choses pour les autres.

On ne dit pas non plus “Bonjour” (good morning)  ou “au revoir” (good bye)… car tout est considéré comme “bon” (“good”) en Inde. Comme c’est joli de dire cela!

Au dessus de la ville, il y a un peu de verdoyance sur Malabar Hill, dans les Jardins Suspendus. Le nom officiel du Parc est Pherozeshah Mehta Gardens mais son surnom est “Jardins Suspendus” et se trouve juste en face des Jardins Kamala Nehru qui a une vue sur Chowpatti Beach, et les bâtiments de la ville.

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Chowpatti Beach

Maintenant, un endroit mythique. La maison de Gandhi Ji à Mumbai. Le Gouvernement a fait de cet endroit une librairie où l’on peut aller et lire des livres sur place, mais personne n’est autorisé à emporter les livres (ils sont trop précieux), à part peut-être des membres du Gouvernement, sur demande spéciale.

Si vous connaissez l’histoire de Gandhi, vous savez peut-être qu’il provient d’une famille très riche et faisait partie des personnes les plus puissantes de l’Inde. Il est devenu avocat et est parti à Londres quelques temps. Un jour, il se trouvait dans le train et a été jeté du train comme un malpropre. Cet incident a changé sa vie entière. Il a réalisé qu’en Angleterre, il n’était rien de plus qu’un immigrant comme n’importe quel autre Indien, et était traité en tant que tel.

C’est à ce moment qu’il a commence sa lutte contre la Non-Violence et pour la Justice, en ne se vêtissant que des habits les plus simples, et en restant humble. Quand il écrit à Hitler, on remarque qu’il est extrêmement inquiet sur son égo, en lui suppliant d’arrêter le massacre. Une photo de Gandhi ji avec Charlie Chaplin était également exposée.

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Un endroit très populaire à Mumbai est le Gateway of India (à ne pas confondre avec le Gate of India à Delhi): cette place a une signification toute particulière pour les Indiens, comme, pendant la colonisation Britannique, les Indiens les ont chassé MAIS toujours avec respect, ils les ont renvoyés par ce monument (une grande porte) et avec toute leur dignité.  Ensuite cette porte a été fermée et personne ne pouvait plus ni  entrer ni sortir… Ce monument représente donc l’Independance de l’Inde (que le pays célèbre chaque 15 août avec une grande fierté!).

En continuant les visites, nous sommes passées à “La rue de la mode”, ce sont des boutiques en bord de route avec des toits de plastique bleus, où toutes sortes de vêtements sont exposés. Ces habits sont ceux lancés par l’industrie Bollywood comme “la nouvelle mode” pour la population Bombayite. En 2 semaines maximum, ils sont disponibles dans ces boutiques et prêts à être achetés.

Le moyen de transport principal à Mumbai se résume à 3 lignes de trains qui s’appellent “les locales”. Le billet pour un mois est d’environ 150 Rupees (1,5 euro), ce qui n’est rien. Ces trains circulent avec les portes ouvertes, car l’air de Mumbai est très chaud et humide, et les gens ne voudraient certainement pas de l’air conditionné car cela augmenterait le prix de leur billet journalier.

Non seulement j’ai pu voir toutes ces choses mais aussi le Temple de Krishna, où on m’a raconté l’histoire de ces 108 femmes qui avaient été kidnappées par Krishna, qui les avaient toutes épousées (mais n’en avait encore touché aucune) – quelqu’un est venu un jour demander à Krishna de libérer ces femmes, et la réponse du Dieu, toujours représenté avec une flûte, fût “tu es ici pour me demander de les libérer, mais aucune d’entre elles ne me l’a demandé”, ce qui veut dire que toute demande, selon les principes de l’Hindouisme, est à faire directement à son Dieu, afin que son désir se réalise.

La journée n’était pas terminée avant que je ne voie le Taj Mahal Hotel, en face de la Gateway of India, Navy Nagar (le quartier de la Marine), le musée Chhatrapati Shivaji Maharaj Vatsu Sangrahaya avec ses statues de divers Dieux, une exposition de photos sur le Nepal et le Tibet, une sur l’âge de pierre, et l’Eglise Thomas (Mère Thérésa y avait son proper siège), l’Université devant laquelle il y avait un regroupement, quelqu’un d’important devait y faire un discours, l’Eglise Afghane, et la gare Victoria (de son vrai nom Chhatrapati Shivaji station) où des scènes de “Slumdog Millionnaire” ont été tournées pour ceux qui ont vu le film. Non seulement pour cela, elle est connue à Mumbai pour son architecture.

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Chhatrapati Chivaji station

Journée bien remplie, mais j’aime regarder en arrière et constater tout ce que j’ai pu voir!

Le Drapeau, le symbole de tout un pays

L’Inde est divisée en Etats (comme la France en Régions, l’Espagne en Provinces, l’Irlande en Comtés etc…) et chacun d’entre eux a leur propre culture, traditions, et langue.

Mais s’il y a un jour dans l’année, où tout le monde est réuni dans le pays pour une occasion, c’est le 15 Août, le jour de leur Indépendance.

Je me devais de célébrer ce jour spécial avec mes petits étudiants des bidonvilles, afin qu’ils puissent comprendre le sens de la fierté nationale, et savoir où se situait leur pays sur la carte du Monde. Le drapeau Indien aurait besoin d’être impliqué dans cette histoire…

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J’avais peur d’offenser la communauté locale sans le vouloir, alors je suis allée demander conseil à mon Papaji (Papa Indien) pour éviter un faux pas. Juste parce que je pouvais toujours aller le voir et qu’il était toujours content d’être cette figure qui prenait soin de moi. Il m’appelait « Beti » , « ma fille » en Hindi (quel sentiment que de se sentir faire partie d’une autre famille, loin de chez soi !)

Une fois, l’idée qui m’était venue a interpellé mon Papaji, et il m’a expliqué qu’en Inde, il y a toute une loi sur le Drapeau Indien. Par loi, j’entends des règles sur la matière avec laquelle il doit être fabriqué, la façon de le disposer (par exemple, s’il est aligné parmi d’autres drapeaux, aucun autre drapeau ne doit être disposé plus en hauteur que celui de l’Inde), comment il doit être utilisé (par exemple : il ne doit pas recouvrir un pupitre à une conférence…ou n’importe où où il pourrait être sali), comment il doit être installé selon l’endroit où il est disposé (ex : bâtiments officiels, véhicule etc…), le drapeau ne doit pas être utilisé pour faire de la publicité, et ne doit pas être recouvert d’écriture…

Aucun drapeau ne doit être endommagé, ou placé de façon à pouvoir être endommagé. Par conséquent, il ne doit pas toucher le sol. Pour cette raison, les gens ne doivent pas s’habiller avec le Drapeau.

Dans beaucoup de pays Européens, les gens iraient à un match de sport avec leur drapeau enroulé autour de la taille, comme s’ils portaient une jupe, autour du cou, comme une écharpe…et ce ne serait pas dramatique s’il tombait au sol. Mais en Inde, ce serait un manque total de respect envers le drapeau.

Et quand Papaji m’a demandé ce qu’il en était du Drapeau Français…je n’en avais aucune idée ! Je n’avais entendu une chose pareille. Tout ce que je savais c’est qu’il était formellement interdit de brûler le Drapeau Français. J’ai regardé sur internet ce jour-là mais n’ai rien trouvé.

Au centre du Drapeau Indien, vous pourrez voir ce qui était originellement le rouet qui représente la volonté de Gandhi que les Indiens fabriquent leurs propres vêtements. Maintenant ce “cercle à 24 rayons” s’appelle Ashoka Chakra ce qui signifie “la roue de la justice”.

La couleur Orange représente la Force, le Blanc, la Paix, et le Vert, la Fertilité.

Depuis que je sais l’estime qu’ont les Indiens envers leur drapeau, l’amour qu’ils portent à leur pays, et leur fierté d’être Indiens, je dois dire que j’ai une certaine admiration, je veux dire, encore plus qu’auparavant.

“Jai Hind” (Longue vie à l’Inde!)

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Une partie de mes élèves avec les drapeaux que j’avais fait pour eux.

Le Choc Culturel, un processus d’apprentissage en soi

L’Inde et le Japon pour moi sont les 2 extrêmes en termes de Culture. J’étais bien consciente qu’il y aurait une transition avant que je m’adapte à mon nouvel environnement. On appelle cette transition « Choc Culturel ».

Heureusement, l’organisation Irlandaise qui m’envoyait en Inde (EIL, Experiment in International Living) ont un fabuleux manuel de pré-départ avec des exercices pour vous faire réfléchir aux problèmes auxquels vous pourriez faire face une fois à l’étranger et comment vous réagiriez à ces situations, ainsi que quelques conseils sur que faire, et ne pas faire.

Le Choc Culturel peut se décrire par un stress, ou de l’anxiété causé par un nouvel environnement. Bien évidemment, c’est une expérience très personnelle mais la plupart du temps, les mêmes sentiments reviennent : la solitude, le mal du pays, le mal être, irritabilité, se sentir dépassé par les évènements. L’image du poisson hors de l’eau est souvent utilisée pour illustrer le « choc culturel » ce que je pense assez approprié.

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Et notre façon de réagir à ce choc est un processus d’apprentissage et d’adaptation à ce nouvel environnement.

On note habituellement 3 phases principales au « Choc Culturel », et on l’appelle la «  Courbe en U » :

  • La lune de miel: excitation d’une nouvelle expérience…
  • Choc Culturel: le stress de situations qui ne nous sont pas familières, nouveaux codes de communication…
  • Ajustement Culturel : bénéficier de l’immersion dans une culture nouvelle, et grandir de cette expérience…

Une des choses qui m’ont affectées en Inde est le manque de sommeil dû à l’humidité et la chaleur la nuit… Je m’endormais finalement lorsqu’il était temps pour moi de se lever pour aller enseigner dans les bidonvilles… Mais juste de penser que la journée qui m’attendait allait m’enseigner quelque chose de nouveau, un nouveau mot, une nouvelle tradition, un fait culturel,  rencontrer de nouvelles personnes…m’a beaucoup aidée et m’a donné l’énergie de continuer.

Chaque jour je me souvenais pourquoi j’étais là, ma passion initiale pour l’Inde, et finalement j’avais réussi à rendre possible ce rêve que j’avais, alors je devais profiter de chaque minute de mon expérience à l’étranger !

J’étais entourée de gens merveilleux aussi qui m’aidaient et me donnaient les clefs pour accéder à leur culture, toujours heureux de partager des choses avec moi, et me faisaient comprendre comment les choses fonctionnaient, comment les Indiens pensaient…ce qui a rendu mon expérience encore meilleure. Je serai éternellement reconnaissante à ces personnes (vous savez qui vous êtes 😉 ). J’ai tellement appris pendant mon séjour là-bas et en suis venue à voir le monde avec leurs yeux également. Il y a des choses que je ne cautionne pas forcément mais je peux comprendre d’où elles viennent, et parfois elles sont plus compliquées qu’elles en ont l’air, pour des yeux occidentaux. Une telle expérience vous enseigne à voir le Monde d’un autre œil, élargir votre perspective.

Et puis évidemment, il y a le retour à la maison, qui peut être aussi une expérience très difficile. On l’appelle la « Courbe en W » (le processus décrit ci-dessus + retour).

Des évènements ont eu lieu à la maison, que l’on a pas forcément vécu complètement avec la famille/amis, des changements ont eu lieu…et il faut se réadapter à ces changements divers, et peu à peu se réajuster à notre vie antérieure. Cela peut prendre un peu de temps mais on ne peut pas négliger cette étape.

Quand je suis revenue de l’Inde, j’ai commencé un travail (une semaine seulement après avoir atterri à la maison) pour une société de pétrole à Genève, Suisse, où beaucoup d’argent est brassé, grandes soirées, deux jours travaillés à Chamonix avec un groupe de collègues à skier tous frais payés, un jacuzzi dans notre chalet… et j’ai trouvé difficile de passer des bidonvilles Indiens…à cela.

Une fois être passée par toutes les étapes nécessaires de cette expérience, on  a appris beaucoup sur l’environnement, les gens, et aussi….sur soi-même.

Cela reste un merveilleux souvenir et parfois je me demande, “etait-ce vraiment moi qui l’ai vécu?”…

 

Expérience au Cinéma Raj Mandir

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Les Indiens ont besoin de rêver. L’industrie cinématographique les aide à rêver. Une croyance commune laisse à penser que les films Indiens sont seulement des films romantiques. Faux ! Il y a, comme dans n’importe quel pays, des films à suspense, des comédies, des films dramatiques, etc. Mais il est vrai que dans une société où le mariage forcé et le mariage arrangé sont toujours bien présents, les Indiens ont besoin de rêver de tomber amoureux, et de choisir la personne avec qui ils vont vivre pour toujours.

Pour cette raison, ceux qui n’ont pas tant d’argent que cela vont très souvent essayer d’économiser pour une séance de cinéma de temps en temps…pour échapper à une réalité qui peut parfois être très dure.

L’organisation d’accueil amenait ce groupe qui était à Jaipur seulement pour une séance d’orientation (qui partait ensuite pour d’autres endroits en Inde) au cinéma pour voir un film Hindi, « Singh is King » (Singh étant un nom populaire Indien). Amit et Gaurav m’en ont parlé et m’ont demandé si je voulais aller avec eux, et j’ai décidé de les rejoindre.

Le cinéma s’appelle Raj Mandir (le Temple Raj, en Hindi), pas loin de M.I. Road, l’avenue principale de Jaipur. Très central.

La première chose qui m’a surprise est que les Hommes et les Femmes ne font pas la queue dans la même file pour acheter leurs billets. Il y a 2 files différentes et 2 guichets. C’est-à-dire qu’un couple qui va au cinéma ensemble ne peuvent pas acheter leurs billets ensemble. C’est quelque chose qui ne m’était jamais venu à l’esprit avant de le voir de mes yeux.

Une fois que vous avez votre billet, vous pouvez entrer dans le bâtiment, après avoir montré votre ticket à la porte d’entrée.

L’intérieur du cinéma est comme un palace, et il y a beaucoup d’espace devant la porte principale pour que les gens attendent avant que la salle s’ouvre, quelques minutes avant le film.

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Quand le personnel ouvre la salle, tout le monde court prendre les places qu’ils désirent et peu de temps après le film commence.

Vous savez, en Europe, une fois que les lumières sont éteintes, tout le monde se tait pour laisser les autres écouter le film ?

En Inde, c’est beaucoup plus joyeux ! 🙂 Chaque fois qu’un acteur très populaire apparait à l’écran,  les gens crient et sifflent. C’est leur moment, ils veulent se relaxer, laisser le stress quotidien en dehors du cinéma et s’exprimer !

Comme vous le savez peut-être les films Indiens ont beaucoup de musique. Et cette musique dans les films sont les tubes qu’ils écoutent à la radio, tout le monde connait les chansons.

Alors il se peut qu’ils connaissent la chanson avant meme de voir le film, et quand la chanson arrive dans le film, ils se mettent à chanter avec les acteurs, tout fort ! Bon, en fait ce ne sont pas les acteurs qui chantent, seulement du playback.

Cela donne une belle ambiance, et d’une certaine façon, ils partagent quelque chose avec le reste de l’audience dans la salle.

…et c’est mon sentiment général sur le temps que j’ai passé en Inde…il ne s’agissait la plupart du temps que de partage !

 

 

Des enfants Indiens merveilleux – “Aapka naam kya hai?”

“Aapka naam kya hai ?” Doit-être la question que j’ai le plus entendu venant de la bouche des enfants. Cela signifie « comment tu t’appelles? » en Hindi.

Lorsque j’ai rencontré mes élèves pour la première fois, c’était surement une réelle question, mais après je pense qu’ils aimaient juste entendre une étrangère parler en Hindi, car ils ne s’y attendaient pas de ma part, mais je leur répondais en Hindi « Mera naam Laura hai ».

Je me souviens toujours de la sensation de tous ces enfants réunis autour de moi, comme des abeilles en fait, dans la rue en général et dans les bidonvilles, où je travaillais. Le matin mes petits étudiants savaient à quelle heure je devais arriver et m’attendaient devant leur bidonville, près de la route, en attendant de voir mon rickshaw arriver au loin.

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Les bidonvilles de Katputali Nagar, Jaipur

Souvent ils n’attendaient même pas que je sois sortie pour me prendre la main et m’emmener à l’intérieur, jusqu’au « Anganwadi » (centre aéré en Hindi) : dans mon cas, juste un couloir.

En Inde, être un étranger suffit à attirer l’attention des gens, et ils vous posent plein de questions sur vous, sur votre famille, sur ce que vous faites etc. Il se peut même qu’ils vous demandent combien vous gagnez dans votre profession, vous risquez d’être un peu surpris mais l’argent n’est pas tabou en Inde. Ce n’est pas impoli de poser de telles questions.

Parmi les premières questions aussi, il peut y avoir souvent « es-tu marié(e) ? » – Simplement parce que c’est si important dans leur société, ils veulent savoir. Si vous faites du bénévolat là-bas, et que vous êtes une Femme comme moi, je pense qu’il est important de leur expliquer que, d’où vous venez, les femmes sont beaucoup plus indépendantes, elles peuvent travailler, voyager toutes seules, avoir leurs propres activités. Mettez-vous à leur place : ce n’est généralement pas le cas pour leurs Femmes, alors cela peut prendre un peu plus de temps pour eux de comprendre le concept.

Mais je pense que c’est échange de Cultures, et c’est ce qui fait du Bénévolat une expérience si enrichissante !

Pour en revenir aux enfants, je n’ai jamais vu une tel soif d’apprendre dans les yeux d’enfants avant cela. Ils veulent apprendre. N’importe quoi. De vous. Et ces petits yeux me faisaient me sentir coupable en me souvenant de quand j’étais enfant et que je me plaignais de l’école à mes parents. Les enfants que j’avais devant moi auraient donné n’importe quoi pour être assis devant un tableau noir. Je ne réalisais pas la chance que j’avais.

Dans mon groupe d’élèves, j’avais 4 filles très impliquées dans ce qu’elles faisaient : Krishna, qui je sentais bien comprenait les choses rapidement, très vive de personnalité, toujours prête à aider ses petits camarades, elle m’aidait à traduire mes explications en Hindi lorsque quelque chose n’était pas clair, sa meilleure amie, Karuna, Tara (qui veut dire « étoile » en Hindi) et Anju, une fille plus jeune, 7 ou 8 ans, qui ne savait pas grand-chose au début mais qui a fait des pas de géants en apprenant l’anglais pendant ces quelques mois. Parmi les garçons, Ravi, un tel sourire, et Vishal qui étaient mes élèves des plus réguliers.

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Ravi, qui me montre sa tête rasée – Bidonvilles de Katputali Nagar, Jaipur

Les lettres, les chiffres, les couleurs et les formes étaient les 4 sujets principaux que je devais répéter tous les jours avec les enfants pour qu’ils aient les bases. Ce qui était drôle c’est qu’alors que je leur enseignais le mot en Anglais, ils essayaient de m’apprendre l’équivalent en Hindi.

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Anju, en train de répéter l’alphabet au centre de Katputali Nagar.

Comme je connaissais la plupart, je pouvais le traduire moi-même en Hindi: Neela-Bleu, Peela-Jaune, Gulabi-Rose, Hara-Vert… car je me souvenais que ma tante (qui a grandi en Espagne) m’avait dit qu’elle avait l’habitude d’apprendre l’Anglais avec les deux mots, dans sa langue maternelle suivi de sa traduction en Anglais, dans une chanson qui fait « Pollito chicken, gallina, hen, lápiz pencil y pluma pen, maestra, teacher, puerta door, ventana, window y piso floor » dont elle se souvient encore des décennies plus tard, et j’ai pensé que ça aiderait les enfants à se rappeler même après mon départ pour l’Europe.

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Moi dans un Salwar Kameez (habit Indien), en train de répeter les couleurs avec les enfants des bidonvilles de Katputali Nagar.

Je préparais aussi des exercices pour apprendre à compter, avec mon talent naturel de dessinatrice (ironie !) et devais les reproduire 20 fois pour tous les enfants à la maison pendant mon temps libre, leur demandais de faire des lignes de a, b, c… (en commençant par le tout début puis que l’Hindi a son propre alphabet appelé « Devnagari »), ou juste de dessiner quelque chose et de colorier en telle ou telle couleur.

J’ai aussi enseigné dans une vraie école, je veux dire il y avait un vrai bâtiment, à l’intérieur des bidonvilles, une cour, un arbre qui poussait au milieu. Dedans, des tapis, un tableau noir, et un bureau d’institutrice. Quand je suis arrivée, les institutrices avaient les enfants réunis autour d’elles et ils parlaient. Pas de vraie classe n’avait lieu. Certains enfants dessinaient assis dans un coin de la salle, d’autres dessinaient sur le tableau noir, d’autres jouaient.

Mon premier jour dans cette école, un garçon de 14 ans, Shankar, m’a approchée, je pense que c’est lui qui avait le meilleur anglais de l’école, institutrices inclues. Il n’était pas très content d’être à l’école toute la journée pour ne rien faire, il aurait aimé des journées plus productives et aurait adoré qu’un vrai cours soit donné…par moi. « Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? » « Qu’est-ce que tu vas nous enseigner ? » me demandait-il.

J’ai eu à m’occuper de la classe VII, et comme la première impression qu’ils m’ont donnée était qu’ils étaient tous très timides de parler le peu d’anglais qu’ils avaient, j’ai décidé de faire des jeux-de-rôles avec leur livre scolaire (qu’ils n’avaient pas l’air de beaucoup utiliser). Au début, personne ne s’est porté volontaire mais ensuite tout le monde s’amusait, en lisant les dialogues, en faisant un peu de théâtre et pour finir, on a tous passé un merveilleux moment ! Je partais avec tous les élèves de l’école autour de moi, au point que je peinais à avancer !

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L’école de Katputali Nagar, Jaipur

Ma famille d’accueil m’a dit (je cite) «  les instituteurs du Gouvernement sont sans espoir », ils viennent juste pour attendre leur paye, pour avoir un repas gratuit au déjeuner : le Gouvernement Indien fournit le déjeuner aux Centres Aérés et aux écoles, en général du daal (soupe de lentilles) et chapatis (pain Indien).

Le manque d’énergie de ces instituteurs, je pense est une perte énorme pour les enfants, ils pourraient apprendre tellement pendant tout ce temps, et devenir plus confiants en eux. Cependant, il semblerait parfois que les institutrices ne savent pas beaucoup plus que les enfants, car la plupart sont des femmes, et pas éduquées elles-mêmes.

Aucun diplôme n’est requis pour être instituteur dans les écoles telles que celle de Katputali Nagar. Et si vous avez quelques mots d’Anglais (hi, goodbye, what is your name, thank you…), vous avez probablement plus que certaines personnes, et pouvez être pris pour un poste du genre. Et là commence le cercle vicieux…

C’est pour cela que, la classe moyenne Indienne n’hésite pas à payer quelque chose et envoyer leurs enfants dans des vraies écoles. Mon petit frère Indien, Sushant (le fils de ma famille d’accueil), allait à une de ces écoles, et était un très bon élève, d’ailleurs. Ses parents le surveillaient lui et ses devoirs, ils pouvaient l’aider aussi, et il est sur de bons rails pour l’avenir.